Fraction – Planète Humaine

cover_fraction_planete-humaineA la jonction des arts numériques, Fraction est considéré comme l’une des têtes chercheuses actuelles de la recherche sonore et de la projection spatiale. Au cours de ces deux dernières années, il a développé  des performances audiovisuelles immersives remarquées comme Dromos, ObE, ou plus récemment Entropia, présentées sur les festivals de référence en arts numériques. Il est aussi le premier artiste en résidence du collectif 4DSOUND qui compte parmi ses membres Murcof ou Kangding Ray.

« Planète Humaine » marque le retour de Fraction à la production expérimentale en studio depuis la sortie de « Superposition » en 2008 et « Dromos » en 2013. Ces 5 titres réinitialisent la palette sonore de l’artiste autant qu’ils s’imprègnent des thématiques métaphysiques de ses récentes performances : l’expérience sur la physicalité immédiate de l’espace et des questionnements personnels sur la place de l’homme dans un environnement qu’il modifie.

Si le producteur a appris à jouer avec la force associative des images et des émotions proprement humaines, il utilise le traitement analogique en temps réel à base de pédale de distorsion et la synthèse granulaire comme exutoire, pour mieux propulser son auditeur vers des paysages sonores retro-futuristes et dystopiens. La pochette signée Mike Winkelman (designer video de Kill your co-worker de Flying Lotus) est, à bien des égards, évocatrice de l’atmosphère mutante des morceaux de ce maxi.

En ouverture, le morceau éponyme s’impose comme une reformulation inédite et fraîche du post-rock de Tortoise et Tarwater. Ses chœurs hermaphrodites se meuvent sur un crescendo de nappes qui s’étendent sur toute la transversalité du spectre sonore. « Partizan » plonge son auditeur dans une jouissance masochiste où la basse d’un puissant compresseur sonore ne laisse ressurgir que les notes d’un riff de guitare céleste. Plus tard, c’est l’improvisation du corps et des machines et la torture des sonorités qui semblent dessiner les contours d’une contraction sismique (Fibre [5719]), d’une scène sacrée de nativité (Noed Deux) ou d’une lente métamorphose kafkaïenne (Isometric).

A PROPOS DE FRACTION:

Fraction, Eric Raynaud de son vrai nom est un artiste français de musique expérimentale. En 2008, il sort « Superposition », son premier maxi sur InFiné. Il choisit par la suite de s’éloigner du champ des musiques actuelles traditionnelles pour s’investir dans les arts numériques en s’intéressant au travail sur des scénographies complexes et une écriture hybride pouvant associer des médias visuels, sonores et physiques. Il crée la performance  immersive DROMOS (2013) pour le festival Mutek (Montreal), qui a ensuite essaimé la blogosphère et dont la bande originale est sortie sur InFiné.

Dans la foulée de cette œuvre ambitieuse, il vise en particulier à tisser des liens entre l’immersion sonore 3D, l’art contemporain et l’architecture, avec un intérêt particulier pour des problématiques associant science et sociologie contemporaine. Au centre de sa création : le son, dont il expérimente le caractère spatial, physique et émotionnel afin de concevoir des pièces atypiques plaçant au centre de ses préoccupations l’expérience de la « physicalité » immédiate de l’espace. Tiré de ce travail de recherche, il signe récemment Entropia  produite en collaboration du SAT de Montréal et saluée par les médias spécialisés comme Design Boom, The Creators Project ou XLR8R.

 

 

Sortie : 5 octobre 2016 – InFiné

 

FRACTION – PLANETE HUMAINE

Tracklist
1. Planète Humaine
2. Partizan
3. Fibre [5719]
4. Noed Deux
5. Isometric