Leon Vynehall – Nothing Is Still

La famille a toujours été au coeur du travail de Leon Vynehall. L’EP qui l’a révélé en 2014, Music for the Uninvited a été inspiré par les cassettes de Funk, Soul et Hip-Hop que sa mère avait l’habitude de jouer dans la voiture en l’amenant à l’école. Le succès de cet EP s’est fait essentiellement sur le bouche à oreille, uniquement par la qualité de la musique jusqu’à s’imposer sur les dancefloors et dans tous les tops de fin d’année y compris ceux de Pitchfork, FACT et Resident Advisor. Music For the Uninvited nous plongeait au coeur de l’univers sonore d’un jeune talent qui œuvre maintenant depuis 6 ans et est devenu un des DJ internationaux les plus respectés avec plusieurs projets parus sur des labels aussi respectés que 3024, Rush Hour et Running Back.

Les jeux vidéo, les souvenirs d’enfances et tous les sons découverts par le biais de ses parents ou de sa famille sont tous autant de catalyseurs pour la musique de Leon Vynehall. Avec ce 1er album Nothing Is Still à paraître le 8 juin sur Ninja Tune, Vynehall fouille encore plus dans son histoire familiale et revient sur ses racines musicales.

Nothing Is Still est un album hommage à ses grand-parents qui ont émigré du sud-est de l’Angleterre vers le New York des années 60: leurs 7 jours de voyages en bateau de Southampton à Brooklyn, et les histoires qui ont suivi qui ont refait surface après le décès de son grand-père. Il y a 4 ans. « Je savais qu’ils avaient vécu aux États-Unis et avait entendu quelques anecdotes, mais c’est seulement quand mon grand-père est décédé et que ma grand-mère m’a montré ces polaroids d’elle en serveuse au Bal du Maire de New York en 1966 ou de grand-père au milieu des chevaux dans un ranch en Arizona que j’ai commencé à être très curieux sur le sujet » dit-il. S’ensuivent de longues conversations avec sa grand-mère où il essaye d’en savoir le plus possible sur cette partie de son histoire familiale. « J’ai ressenti le besoin de documenter cette période, pour elle, et tout est parti de là. »

Sur Nothing Is Still, Vynehall montre une vraie passion à documenter l’histoire de ses grand-parents dans un album très riche et intense. Nothing Is Still est une histoire racontée par le biais de différentes créations. L’album bien sûr, mais aussi un roman et des éléments visuels qui élargissent le spectre de la narration. L’utilisation par Vynehall de l’oeuvre de Pol Bury du George Washington Bridge dans l’artwork de l’album vient compléter de façon cohérente cette dimension visuelle ; l’oeuvre de Pol Bury ayant été créée à New York à la même époque à laquelle l’histoire se déroule.

Raconté en 9 parties ou comme le tracklisting le suggère, 9 chapitres, Nothing Is Still est un instantané de l’histoire des grand-parents reflétant le romantisme des polaroids découverts chez eux.

L’ouverture ‘From The Sea/It Looms (Chapters I & II)’ se fait sur des atmosphères lointaines de cordes vaporeuses avant que la dynamique n’évolue vers des synthés puissants et des violons aériens et cinématiques. ‘Trouble – Parts I, II & III (Chapter V)’ débute avec un magnifique, quasi motorik, arrangement de piano. Le morceau évoque rapidement les menaces et les angoisses véhiculées par son récit. Sur ‘Envelopes (Chapter VI)’, les ondulations nerveuses inversées se superposent aux percussions majestueuses avant d’atteindre l’apogée avec ‘English Oak (Chapter VII)’ ; un morceau au rythme addictif en guise de clin d’œil aux prouesses dancefloor de Vynehall.

Le résultat final est un album qui est à la fois très personnel à Vynehall mais qui peut aussi parler à chacun d’entre nous. « Je suis triste de ne pas avoir entendu parler de toutes ces histoires avant le décès de mon grand-père. J’admire leur courage et leur désir de partir à la recherche d’une nouvelle vie à une époque où les voyages longue distance étaient beaucoup plus compliqués que maintenant, et c’est ce qui a motivé ce disque. Je ne saurais plus dire comment s’est façonné ce projet et ses différentes composantes. Ca s’est fait naturellement, comme si c’était quelque chose qui devait se faire ».

Il est clair que ce sentiment d’exploration résonne aussi dans la démarche créative de Vynehall. Quand en 2016 avec son EP Rojus, il élargit un peu plus le spectre et la profondeur de sa musique d’un côté, il s’applique de l’autre à créer un groove généreux pour rythmer les dancefloors. Le titre favori des fans ‘Blush’ a été sélectionné en tant que ‘Best New Music’ par Pitchfork, et Rojus a fini dans de nombreux tops électroniques de fin d’année. Nothing Is Still est cependant plus atmosphérique et texturé, et s’appuie sur sa passion pour les compositeurs minimalistes contemporains de la première heure tels que Gavin Bryars et Steve Reich ainsi que l’album de Koyaanisqatsi Philip Glass et A Rainbow In Curved Air de Terry Riley« J’ai de la curiosité » explique Vynehall.  « Je me lasserais si je faisais tout le temps la même chose. Ce n’est pas ce que je souhaite. J’ai grandi en écoutant plein de musiques différentes grâce à ma famille et mes amis. Des Doors à Aphex Twin et tout ce qui se trouve entre les deux. Je suis avant tout un musicien, j’ai toujours besoin d’étirer différents muscles créatifs. »

L’album a été écrit, composé, joué et produit par Leon qui s’est également entouré du saxophoniste et flûtiste Finn Peters, du pianiste de Jazz Sam Beste, d’un ensemble de cordes dont les arrangements ont été confiés à Amy Langly. Le tout a été enregistré et mixé avec Blue May dans les légendaires Konk Studios et masterisé à Sterling Sound par Greg Calbi.

Tout en se construisant une solide réputation de DJ et prescripteur (son BBC essential Mix a été dans la shortlist des 5 meilleurs Essential Mix de 2016), Vynehall a fait des résidences un peu partout dans le monde et a été dans les plus grands festivals dont Glastonbury, Field Day et le Sonar. Son nouvel album sera également présenté sur scène à travers un live ambitieux.

Une édition box set limitée de « Nothing Is Still » contiendra l’album en vinyle, le roman écrit par Max Sztyber et Leon Vynehall ainsi qu’un large poster.

 

Disponible le 15 juin sur Ninja Tune

 

Leon Vynehall – ‘Movements (Chapter III)’ (Official Video)

 

 

Leon Vynehall – ‘Envelopes (Chapter VI)’ (Official Video)

 

Tracklist
01. From The Sea/It Looms (Chapters I & II)
02. Movements (Chapter III)
03. Birds On The Tarmac (Footnote III)
04. Julia (Footnote IV)
05. Drinking It In Again (Chapter IV)
06. Trouble – Parts I, II, & III (Chapter V)
07. Envelopes (Chapter VI)
08. English Oak (Chapter VII)
09. Ice Cream (Chapter VIII)
10. It Breaks (Chapter IX)